STROMBOLI

auto_stories Récit de membre

Par Didier Fox

À la barre de l'Edenfox au coucher du soleil, entre deux touches à la canne

Philippe, fidèle équipier pour la première nuit en mer.

Un rêve né dans les pages de Voiles et Voiliers

Il y a de nombreuses années, voire plus, la lecture d'un article de Voiles et Voiliers m'a fait dire : « un jour j'irai voir une éruption du Stromboli avec mon voilier. »

Ce projet a pu être concrétisé cette année, après l'acquisition avec ma chérie Carole, il y a 6 ans, d'un Bavaria 37 Cruiser de 2006, sa descente depuis Le Havre jusqu'à Menton, son rééquipement progressif : voiles, électronique… et depuis le début de l'année, l'organisation de ce périple et la constitution des 4 équipages. Eh oui, tout le monde ne peut pas se rendre disponible durant 5 semaines !

Nous avons jeté les amarres le 25 août, en direction de Calvi pour une navigation sur la côte Ouest de la Corse : une découverte pour mes 3 acolytes, Philippe roi des barreurs, Bertrand mon petit frère, et Malika ma belle-sœur.

Cap sur la Corse et la Sardaigne

La réserve de Scandola a été un moment fort. Un 1er changement d'équipage à Bonifacio le 2 septembre : Malika nous a quittés, et Sébastien, mon dernier fils, nous a rejoints pour une descente par la côte Est jusqu'au Sud de la Sardaigne, en passant évidemment par les Maddalena, puis la traversée vers la Sicile.

La tour génoise de Scandola vue depuis le pont de l'Edenfox
La réserve de Scandola, un des moments forts de la remontée corse.
Le port de Bonifacio vu depuis la citadelle
Bonifacio, premier changement d'équipage du périple.

Nous avons rejoint Palerme le 12 septembre, pour réaliser un second changement d'équipage. Au revoir Philippe et Sébastien, coucou à ma chérie, ma frangine Caroline, et un couple d'amis merveilleux, Anne et Remy.

Route ensuite vers les Éoliennes pour une navigation au milieu des îles et la découverte du Stromboli. Ensuite viendra une remontée vers la côte Amalfitaine puis Naples pour un dernier changement d'équipage : Bertrand, fidèle équipier depuis Menton, restera à bord, Malika nous y rejoindra ainsi que Marion et Jean-Yves, amis partenaires de transat en 2024. Le retour vers Menton est prévu le 4 octobre, en longeant la côte italienne et en finissant par les îles d'Elbe et de Capraia, avant notre dernière traversée.

Une traversée sans histoire ? Pas tout à fait

Cette première partie du périple ne s'est pas faite sans difficultés. Le pilote automatique, remplacé 8 jours plus tôt, est tombé en panne au sortir de Garavan : un capteur de barre a été envoyé à Bonifacio, où il a pu être remplacé et recalibré après plusieurs heures à transpirer au fond de la cabine tribord.

Le poisson devait constituer une partie de notre alimentation : installation de supports de cannes, acquisition d'une planche à découper et de couteaux spéciaux pour préparer le carpaccio. Malheureusement, Bertrand, grand pêcheur devant l'éternel, ravageur de la faune en Atlantique, a été boudé par les habitants de la Méditerranée. Seulement un maquereau le 14 septembre en quittant la Sicile, trop petit et remis à l'eau. Il n'a pas dit son dernier mot, sinon on a des boîtes.

Une belle traversée entre la Sardaigne et la Sicile : les 165 milles prévus en 33 heures ont été avalés en 27, grâce à des vents plutôt favorables entre 18 et 25 nœuds, mais une houle courte jusqu'à 2 mètres qui a rendu la navigation un peu trop sportive pour l'équipage à 50 % malade.

Bertrand à la canne à pêche, guettant une touche au large
Bertrand, « grand pêcheur devant l'éternel », guette la prise du jour.

Trois jours au milieu des Éoliennes

Le 14 septembre, nous voilà en approche des Iles Éoliennes. Derrière nous, les hauteurs de l'Etna ; devant, au loin, les fumerolles du Stromboli, que nous n'irons saluer que le jeudi soir 17 septembre. Auparavant, 3 jours de promenade au milieu des îles : Salina, Vulcano, Lipari, Panarea, nous rapprochent de notre objectif.

Le port de Lipari et sa citadelle, dans les Iles Éoliennes
Lipari, escale au milieu des Éoliennes.

Le Stromboli, enfin

Nous avons quitté Lipari en fin d'après-midi de façon à passer devant le Stromboli à la nuit tombée.

La vision est féérique. Comme un phare sur la Méditerranée, son activité constante, dit-on depuis 5000 ans, diffuse un halo rouge orangé encore visible jusqu'au lever du soleil, à plus de 30 milles. Il nous a gratifiés de quelques jets de lave montant vers le ciel, puis s'écoulant sur son flanc, comme pour nous saluer.

Le Stromboli en pleine éruption, vu depuis la mer de nuit
Le Stromboli, cette nuit-là, en pleine éruption.

Notre route vers le nord nous en a progressivement éloignés, nous laissant un petit pincement au cœur et quelques regrets.

Mais l'aventure continue : nous poursuivons maintenant notre route vers la côte italienne. Le vent nous a rejoints, il nous permet de naviguer tranquillement sous gv et Foxy's à 7 nœuds. Prions Éole que les vents nous restent favorables jusqu'au retour à Menton.

Merci à toutes et tous pour ces moments de partage.

Carole à bord de l'Edenfox devant un rocher volcanique des Iles Éoliennes
L'équipage réuni pour l'apéritif du soir, à l'ancre

Didier

Erratum : au moment de boucler le récit, Béber a sorti ses 2 premières bonites, c'est la fête à bord !

L'aventure du CNM ne s'arrête pas à Menton

De la Corse au Stromboli, les adhérents du club emmènent avec eux l'esprit du Club Nautique de Menton. Envie d'embarquer à votre tour ? Le club propose une sortie découverte gratuite sur ses voiliers habitables, sans engagement.

Je m'inscris arrow_forward